Economiser les frais bancaires à l’étranger

Ma petite expérience de globe-trotter au cours des années a alimenté assez substantiellement les banques de pas mal de pays qui se sont pris de sympathiques commissions sans faire grand chose à part me permettre de retirer mon propre argent à l’étranger. Du coup, en voyant les commissions diverses s’additionner, qui sont autant de bons restos locaux évanouis dans la nature, j’ai commencé à m’intéresser au sujet sérieusement.

Voici le guide ultime pour baisser considérablement baisser la note, voire ne plus payer aucun frais bancaire à l’étranger. C’est du vécu avec beaucoup d’expériences de première main et certaines astuces qu’on retrouvera nulle part ailleurs sur le web. 😉

Des frais bancaires qui s’additionnent

Tout d’abord, il y a deux types des frais bancaires à distinguer :

  • Les frais de commission prélevés par votre banque lors du retrait ou du paiement à l’étranger.
  • Les frais prélevés par le propriétaire du distributeur lors d’un retrait.

-> Ces deux frais sont cumulatifs, ce qui peut représenter une somme non négligeable, tout particulièrement si vous faites des petits retraits avec des commissions fixes.

Normalement, il n’y aucun frais additionnel pour un retrait ou un paiement dans la zone euro. Mais toutefois, tout comme en France, il est possible que vous ayez une commission fixe pour retirer de l’argent auprès d’une banque en zone euro qui n’est pas la votre.

De plus, il arrive que lors d’un paiement hors zone euro, dans certains établissements qui préfèrent être payés en liquide, on vous facture une commission sur votre facture pour utilisation de la carte bancaire.

Assez souvent, c’est lors d’un retrait d’espèces que les frais s’accumulent de manière conséquent si l’on ne fait pas attention.

Exemple d’un retrait de 20 euros avec une carte du Crédit Arboricole dans un distributeur en Thaïlande :

  • Le Crédit Arboricole vous prélèvera 2,6% + 2 euros pour ce retrait soit 2,52 euros.
  • La banque thaï qui gère le distributeur vous prélèvera par exemple 220 bahts (commission fixe pour chaque retrait) soit environ 7 euros.

Au final, votre retrait de 20 euros vous aura coûté 9,52 euros supplémentaires soit près de 50% de la somme retirée. Cet exemple un peu extrême (puisqu’il s’applique à une petite somme) montre néanmoins qu’on peut lâcher un pognon de dingue, comme dirait notre cher président, à des banques qui n’ont pas fait grand chose dans cette histoire à part prendre une juteuse commission.

Faire des gros retraits pour limiter l’impact des commissions fixes

L’idée est de retirer un maximum à chaque fois de manière à diminuer l’impact des frais fixes.

Reprenons l’exemple précédent mais en retirant 200 euros au lieu de 20 euros.

Je paierai en frais bancaires 7,2 euros (Crédit Arboricole) + 7 euros (banque thaï)  = 14,2 euros soit 7,6% de la somme retirée.

Cependant, même si les gros retraits permettent de limiter le pourcentage de frais, 13,2 euros pour pouvoir juste accéder à ses sous, ça reste quand même bien cher.

J’ai finalement définitivement changé de banque en voyant les frais exorbitants que ma banque prenait à chaque fois. Pour les frais pris par les banques étrangères des distributeurs, même si on ne peut hélas pas toujours les éviter, il est aussi possible de diminuer la note lorsque l’on est bien informé. 🙂

Utiliser le paiement par carte au lieu du retrait de devises

Les frais sont souvent moins élevés voire parfois disparaissent lorsque l’on paye par carte. C’est un moyen sûr et efficace d’économiser sur les frais. Toutefois, il arrive que dans certains pays le liquide soit privilégié et il sera fréquent dans ce cas présent que le paiement impose des frais additionnels rendant l’opération assez chère.

Le bon plan : la carte gratuite Ultim de Boursorama sans frais de devises pour les retraits à l’étranger

Le leader français de la banque en ligne (filiale de la Société Générale) a mis une claque aux banque traditionnelles et même aux néo-banques en proposant une carte premium gratuite super intéressante pour les retraits hors zone euro.

Néanmoins, vous ferez bien attention aux 15 euros de frais prélevé chaque mois où vous ne faites aucun paiement.

Astuce : Au cas où vous auriez un mois où vous n’auriez pas besoin de payer avec votre carte, voici mon astuce pour remplir à coup sûr cette condition et ainsi garantir sa gratuité.

Le minimum de recharge automatique est de 15 centimes. Autrement dit, vous pouvez déposer une somme dérisoire sur votre compte Amazon chaque mois ce qui vous évitera de payer les 15 euros.

Faites la mise en place de la recharge automatique une fois chez Amazon et vous n’aurez plus à vous préoccuper une seule fois de faire le paiement obligatoire pour éviter les 15 euros de frais.

J’utilise la carte depuis un an. Aucun problème à relever. Je retire gratuitement dans les distributeurs étrangers et ça fait bien plaisir vu que le cash reste roi dans un certain nombre de pays.

Mon retour d’expérience sur Boursorama après plus de 8 ans chez eux

Pour dire vrai, j’ai l’impression que les délais de réponse par email se sont considérablement allongés avec l’expansion conséquente du nombre de clients après avoir débuté comme une banque pour les geeks. Néanmoins, j’ai trouvé le service client satisfaisant et les frais très compétitifs : découvert bien moins cher car pas de commission fixe d’intervention, carte premium gratuite, assurance vie dans les meilleures du marché, frais d’ordre en bourse réduits, etc. En revanche, c’est moins pratique pour le dépôt de chèque car il faut les envoyer par la poste, ce qui personnellement ne me gêne pas du tout vu que je dématérialise tout, mais cela peut effectivement en gêner certains.

Un point très positif après que ma carte fût piratée à Bali est que j’ai pu me faire rembourser du piratage de carte après opposition et ma demande de remboursement. Le service de VISA et Boursorama ont été réactifs et très conciliants lors de cet évènement.

Le gros avantage par rapport à une néo-banque comme Revolut ou N26, c’est que vous bénéficiez de toute la gamme offerte par une banque classique : livret, compte-titre, assurance, prêt bancaire, etc. Autrement dit, vous pouvez vous passer de votre banque traditionnelle.

C’est d’ailleurs ce que j’ai fait en fermant définitivement mon compte chez le Crédit Arboricole après avoir savouré une tonne d’agios pour quelques dizaines d’euros de dépassement, dégusté des frais prohibitifs à chaque retrait de devises, et contemplé ma carte complètement bloquée en Amérique latine pendant des jours malgré un solde positif. Pour la petite histoire, j’avais ma carte bloquée en Uruguay et j’ai dû faire de l’auto stop vers la frontière brésilienne pour constater que ma carte était toujours bloquée. J’avais néanmoins pu me dépatouiller avec quelques devises dans un bureau de change et par le dépannage via Western Union en revenant en Uruguay (ultime solution que je conseille quand vous vous retrouvez à poil à l’étranger).

Petite parenthèse N26 : J’ai également une carte N26 gratuite pour le compte professionnel qui est vraiment très bien. L’application de N26 est super. On reçoit les paiements en temps réel sur l’appli, c’est vraiment très pratique. Et ça me permet d’avoir une Mastercard en complément de ma VISA. Très utile en l’étranger lorsque vous perdez une des cartes ou parfois, dans les rares cas où l’établissement n’accepte qu’un seul type de carte. J’ai même 0,1% de cashback sur les paiements sans frais de devise. Le seul vrai hic, c’est le RIB allemand. Si dans la loi européenne, tous les IBAN sont censés être équivalents, dans la vraie vie, il arrive quelques fois qu’on vous refuse un virement ou un prélèvement avec un IBAN étranger. Par exemple, impossible de me faire payer par Google avec un IBAN allemand. Du coup, je me fait virer sur mon compte personnel Boursorama ; garder un RIB français reste indispensable à l’heure où j’écris.

Quand j’ai vu cette carte Ultim débarquer avec les avantages de la carte VISA Premier et ses frais de retraits gratuits, j’ai donc tout de suite demandé à changer ma carte Boursorama VISA Premier.

C’est absolument imbattable niveau frais ; surtout en utilisant l’astuce de la recharge Amazon pour garantir la gratuité de la carte quoi qu’il arrive. Le cash reste nécessaire dans certains pays, notamment asiatiques, et pouvoir éliminer ces frais avec une carte gratuite est un très sympathique bonus quand on passe beaucoup de temps à l’étranger. La carte est également très stylée ce qui ne gâche rien, même si ce n’est pas son atout principal.

Bon à savoir : vous devez avoir un téléphone pour recevoir un SMS lors de vos paiements avec la carte. Auparavant, il fallait absolument une carte SIM française pour recevoir. Maintenant, n’importe quel numéro avec le code international adéquat fonctionne avec Boursorama pour les opérations sensibles contrairement à ce que j’ai pu lire parfois sur internet. C’est un détail qui peut paraître anodin, mais qui peut avoir une grande importance pour les voyageurs. Comptez 24 heures complètes à chaque changement de numéro pour pouvoir accéder aux fonctions avec votre nouveau numéro de téléphone. Une carte SIM Free à 2 euros/mois fait aussi très bien l’affaire pour recevoir les codes de sécurité à l’étranger.

Les bureaux de change à l’aéroport

Evitez la plupart du temps de changer des devises à l’aéroport sauf de petites sommes pour dépanner car les taux de change sont généralement très mauvais. Ne vous laissez pas abuser par les annonces comme “No commission”. Cela signifie simplement qu’ils ne prennent, dans ce cas-ci, pas de commission fixe. Mais ils rattrapent par des taux de change quasi systématiquement très désavantageux pour le client. Néanmoins, même si ce conseil est valable la plupart du temps, ils existe quelques exceptions comme le bureau de change de Superrich à l’aéroport de Bangkok ou l’échange de dernier recours d’une monnaie locale difficilement échangeable une fois sortie du pays.

Le cas de la Thaïlande

Pays ultra populaire auprès des touristes du monde entier, les banques locales ont trouvé le bon filon en rajoutant systématiquement de très juteuses commissions fixes sur les cartés étrangères lors des retraits à leur distributeur.

A chaque fois que j’y passe, la commission a encore augmenté. On retrouve maintenant des commissions de 220 bahts pour des retraits avec des cartes non thaïlandaises, soit environ 6 euros par retrait ce qui est absolument énorme pour un pays avec un coût de la vie réduit comme la Thaïlande.

Les distributeurs gratuits ont quasiment tous disparu. Il y a clairement une entente implicite entre les banques thaï pour se faire de l’argent facile sur le dos des touristes ; et ce n’est pas de l’argent qui va dans la poche des petits vendeurs de rue.

Photo très rare d’un distributeur gratuit en Thaïlande ( Bank of China)

Toutefois, il en existe encore 2 à Bangkok que très peu de personnes connaissent qui résistent encore et toujours à l’envahisseur : ceux de la Bank of China. J’ai personnellement essayé et effectivement ça marche. En revanche, il semblent ne marcher qu’avec des Mastercard (et non avec VISA). Evidemment, je ne suis pas sûr que ça vaille le coup de faire le tour de Bangkok juste pour les trouver, mais si vous vous trouvez dans les parages, ça vaut le coup de retirer à leur distributeur pour éliminer totalement les frais.

Si vous n’avez pas l’un des ces 2 distributeurs gratuits sous la main, vous pouvez quand même économiser quelques bahts en privilégiant les distributeurs d’AEON qui facturent 150 bahts à chaque retrait. Ils sont un peu partout. Ca fait toujours un pad thaï d’économisé et c’est toujours bon de privilégier ceux qui arnaquent le moins.


CASH IS KING

Enfin, autre alternative :  l’échange de devise dans les bureaux de change. C’est particulièrement intéressant en Thaïlande, car autant les frais de distributeur sont ridiculement élevés, autant les commissions des bureaux de change sont faibles au pays du sourire. Je recommande SuperRich. Il ont des bureaux un peu partout à Bangkok dont un à l’aéroport, juste à la sortie du métro (le Airport Link). SuperRich offre des taux très compétitifs par rapport aux autres bureaux de change des grandes banques, tout particulièrement ceux de l’aéroport. Leurs commissions sont particulièrement faibles, mais cela vous oblige à voyager avec un bon paquet d’euros. Si vous optez pour cette solution, dans la mesure du possible, privilégiez les grosses coupures du type 100 euros car le taux de change est légèrement meilleur pour les grosses coupures.

Taux de change chez SuperRich (taux différents selon les coupures)

Bon à savoir : En théorie, on est sensé l’équivalent de 10 000 bahts en liquide pour un séjour d’un mois et de 20 000 bahts pour 2 mois lorsque l’on arrive en Thaïlande en tant que touriste. Cette disposition, un peu ridicule car elle oblige a avoir beaucoup de liquide sur soi, est peu appliquée mais elle peut être motif de refus en cas de séjours très réguliers. Ca peut donc aussi être l’occasion de faire d’une pierre deux coups et d’échanger ce cash à des conditions avantageuses une fois sur place.

Le cas du Vietnam

La plupart des distributeurs au Vietnam adoptent des commissions fixes pour les cartes étrangères autour des 50 000 dongs soit environ 2 euros. Autre inconvénient, les sommes sont souvent limitées à environ 80 euros par retrait, ce qui multiplie mathématiquement les commissions en augmentant le nombre de retraits nécessaires.

Toutefois, après avoir vécu à Saigon six mois, j’ai découvert par hasard lors de mon tout dernier retrait (soupirs de pigeon) un distributeur qui ne facturait aucun frais : la VP Bank qui prélève aucun frais avec un retrait maximum de 5 000 000 dongs.

On en trouve d’ailleurs un à deux minutes de marche du célèbre marché de Ben Tanh à Saïgon.

La SCB (Saigon Commercial Bank) offre également les retraits gratuits tout comme la TP Bank (ma nouvelle banque favorite au Vietnam).

Vous pouvez taper “ATM VP Bank” “TP Bank”, ou “SCB” sur Googlemap et vous trouverez les distributeurs de ces banques à proximité.

Mes potes banquiers viet

 

Le cas de l’Argentine

Je me suis rendu plusieurs fois en Argentine mais la situation change très régulièrement avec une hyper-inflation galopante et une grosse instabilité économique. Ce qui était vrai hier ne le sera pas forcément demain.

S’ils étaient acceptables il y a quelques années, en 2019, les frais de retrait des banques locales tournent désormais autour des 10-15 dollars ce qui est absolument prohibitif.

Le liquide (“effectivo”) est roi en Argentine. Et les devises stables comme le dollar ou l’euro sont tout particulièrement appréciées. J’avais écrit en 2013 un billet sur le marché parrallèle des échanges de devises

Un article sur le taux de change parallèle en 2013

En 2013, on pouvait échanger des euros ou des dollars jusqu’à 50% au dessus du taux officiel ce qui est considérable. Apparemment, cette époque est révolue, on peut encore échanger, mais avec une prime de seulement 5% aujourd’hui, ce qui est fait toujours une différence notable si l’on ajoute les frais gigantesque du distributeur. On retrouve ces bureaux de change parallèles (“cuevas”) facilement dans la calle Florida de Buenos Aires. Evidemment, pour des raisons de sécurité, il faut se poser la question de savoir si ça vaut le coup de voyager longtemps avec beaucoup de cash sur soi, tout particulièrement en Amérique latine.

Si la situation n’a pas changé, vous pouvez retirer des dollars en Uruguay, qui est très facilement accessible depuis Buenos Aires et qui permet également de renouveler le tampon d’exemption de visa de 3 mois à chaque aller-retour.

Pour les distributeurs, d’après mes lectures, à l’heure actuelle (2019) la Banco de la Nacion serait la moins chère pour les frais avec un coût de 230 pesos (pour un retrait maximum de 4000 pesos).

Avoir une réserve de cash en monnaie forte

Il est également toujours bon d’avoir quelques grosses coupures en dollars ou euros séparés de vos cartes bancaires en cas de problème. Evidemment, on évitera d’avoir des milliers d’euros sur soi pour des raisons de sécurité car le jeu n’en vaut pas la chandelle mais un peu de liquide en cas d’urgence peut dépanner. On donnera un léger avantage pour les dollars car les taux de change sont très légèrement meilleurs par rapport à l’euro (qui reste cependant une monnaie facile à échanger) et ils sont parfois utiles pour payer un visa. Par exemple, j’ai dû payer 50$ pour un visa thaïlandais à Saïgon. De manière surprenante, la monnaie thaïlandaise ou vietnamienne ne fonctionnait pas.

La crème de la crème pour les bureaux de change reste le billet de 100$ américain. C’est le billet qui s’échange aux meilleurs taux. Il arrive souvent que les plus petites coupures s’échangent à des taux très légèrement inférieurs. Si vous voyagez pas mal et avez pas mal de monnaie locale juste avant de quitter le pays, récupérer des dollars n’est pas une mauvaise idée car vous pourrez les échanger au meilleur taux dans le pays suivant, s’il n’est pas européen évidemment. D’expérience, les taux d’échange entre deux monnaies un peu exotiques sont généralement très mauvais et se feront aux pires conditions financières lorsque vous retournerez à la maison. Il est la plupart du temps judicieux d’échanger la monnaie locale en monnaie forte (dollar ou euro) juste avant de partir.

 

Si vous avez des expériences personnelles concernant les frais bancaires lors de séjours à l’étranger, soyez les bienvenus à commenter, je serai heureux d’enrichir cet article avec vos retours. 🙂

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